Sortie des “Avant 60” – 8, 9 et 10 juin 2019

Cette promenade va faire suite à la grande réussite que fut la 32ème édition de l’ascension du Mont Faron ; un pique-nique rameutant cette fois 233 amateurs de véhicules « hors du commun » (cela sans compter ceux ayant renâclé à payer le droit d’inscription !..).      

Le printemps est la saison idéale pour faire admirer nos belles voitures anciennes dans une Nature au summum de sa beauté ; quittons donc le ciel bleu du littoral pour celui qui l’est tout autant des Alpes de Haute-Provence.  

Dès l’annonce de cette sortie mon fils Thierry et moi étions inscrits avec notre cabriolet de 1930 FORD Model A, sachant l’organisation assurée par l’irremplaçable Marie-Thérèse aidée de son Serge Scatena ainsi que de la bonne volonté de Gilbert et Michèle Cuissard ; une équipe gage de réussite.

Samedi 8 juin 2019 :

Peu avant 8h00 nous sommes sur le parking du « Carrefour » d’Ollioules ; le road-book ultra précis de MTS en main, je suis en charge de pointer les arrivants.

D’après ce document, les 15 voitures et leurs occupants devraient être au complet après 4 rendez-vous.  A Ollioules, outre les Maurel, se trouvent donc Alain et Françoise Doussiet en  «RENAULT 4cv», Thérèse et Gaston Baviera, son Trésorier d’époux, venus en « Dauphine » de la même marque. 

Aline et son Jean-Pierre Président du CAAV ont délaissé la puissante « Salmson » pour le mignon petit cabriolet « FIAT ».  Arrive ensuite Roland Garrone dans sa « Traction CITROËN », il a gentiment accueilli à son bord Marcel et Maryse Caïhouela, la direction de leur « 202 » étant en réparation.

Depuis Le Pradet arrivent Serge et Martine Mahé venus dans leur grande « DELAHAYE » bicolore.  Ensuite arrive une autre « CITROËN Traction avant » noire, très belle, elle est la propriété de Michel et Geneviève Abbona, de souriants tous nouveaux adhérents au CAAV.  

Le premier groupe au complet s’engage alors dans les Gorges d’Ollioules, arrêt carburant dans  Ste Anne d’Evenos, où Serge doit sortir un bouchon de bombonne de son coffre, une astuce pour remplacer celui chromé de mon cab resté sur la pompe fermée de « Carrefour », merde alors !!…

Dans Le Beausset on se contente de ralentir ; Jo Boéro nous ayant aperçu au bout de la route a déjà lancé son fiable FORD Model A 1931.  Second rendez-vous réussi, le convoi se dirige alors vers Signes et Méounes où nous attendent six autres participants, soit : Gilbert et Michèle Cuissard dans leur« PEUGEOT 202 », Christian Roux avec Adrienne sont dans le joli coupé noir « SIMCA » ; un autre Model A « FORD » bicolore transporte Marcel et Paule Guasp ; Guy et Maryse Barbier sont eux embarqués dans une rare « PEUGEOT 203 » découvrable blanche, tandis que Mireille et Mr l’ex Président Michel Pelin se prélassent dans leur puissante « JAGUAR mk2 ».  Pour compléter ce groupe de six, reste un équipage féminin formé de ‘Nicou’ conduite par Joëlle Poulachon dans la « RENAULT 4cv » de son très regretté Patrice.  

Roulant plein nord nous traversons La Roquebrussane pour trouver l’ex Nationale 7, là, en banlieue de Brignoles nous attendent Serge et MTS avec leur belle « MG » ‘british green’ ; on peut repartir !… Avant ou après Bras ?… com’ d’hab’ Marie-Thé nous offre son habituelle « Pause Gourmande », ce don est augmenté d’un panier d’abricots du jardin de Paule et Marcel ; qu’est ce que tu crois ?… nos gens leur ont tout bouffé !!…                    

En ce matin ensoleillé de juin la Provence est plus belle que jamais ; Brue-Auriac, Varages, La Verdière, St Julien ; charmants villages varois aux toits de tuiles rousses nichés autour de leurs vieux clochers.  Le paysage est le même en quittant le 83 pour Gréoux et Allemagne dans le 04 voisin.

Le repas de midi est pris sur la colline de Valensole dans un établissement de choix.

En ce lieu pentu et arboré, le restaurant est situé sous un auvent aéré à la charpente neuve ; le tout dans un environnement de fleurs et de verdure.  Malgré la « Pause » nos convives ne chipotent pas face aux deux choix de menus.  Après le repas je suis en grand manque de sieste et faute de canapé m’affale sur un fauteuil éloigné ; bof !… pas terrible …  d’autant qu’en redescendant vers le parking j’ai le regret de découvrir deux hamacs à l’ombre près de la piscine… merde alors !… (bis)

Dans l’intermède certains ont visité le Musée de la Lavande,mais passé Oraison il nous faut découvrir un autre point d’intérêt.   Peu avant Les Mées nous entrons dans un grand domaine dédié à l’olivier et ses dérivés.

La vaste bastide provençale typique du 17ième, anciennement propriété d’une communauté de moines, fut bien restaurée, elle est aujourd’hui devenue moulin à huile.   Dans la chapelle remise à neuf, le fils gérant le domaine nous projette un petit film à la gloire de l’arbre immortel.  Près du grand pigeonnier devenu musée, sa mère offre la dégustation de leurs produits en mouillettes d’huiles aux truffes ou non, mais aussi de sucreries.

C’est ici que Serge reçoit un appel alarmé de son locataire lui apprenant que l’égout déborde ; c’est le cas de le dire, une bien emmerdante nouvelle, impliquant des heures de conduite,retour jusqu’au Pradet dans la « Delahaye ».  On imagine les ennuis, la dépense en carburant, la fatigue ; sachez mes chers amis que nous avons tous compati à vos misères …

Passé Mallefougasse nous entrons dans St Etienne-les-orgues ; l’hôtel ** « Saint Clair » est notre étape du soir.  Douche super bienvenue puis repas convivial à deux choix ; le soir certains peuvent tout faire descendre aisément ; ce n’est plus mon cas, je gaspille beaucoup et n’aime pas ça …

En ces lieux bucoliques isolés de tout, nous pouvions espérer un sommeil paisible mais ce ne fut pas bien le cas.  D’abord par le paysan voisin ; tard dans la nuit il laboure, son tracteur Diesel nous délivrant les décibels et les phares sur les volets complétant un « Son et Lumières » peu appréciable.

Bien mieux !… peu après de grands éclats de voix sont suivis de chocs violents ; pour cause de soi-disant réservation non tenue, un motard imbibé d’alcool, à coups de casque vient de mettre en morceaux la vitre d’entrée !!…  Le gérant ayant appelé les gendarmes, ces derniers embarquent l’excité, faisant ainsi que force « Force reste à la Loi » ; excellent, pas vrai Marcel ?…

Hôtel « St Clair », dimanche 9 juin 2019 :

Vers les 8h00, nous avons le plaisir de voir arriver Serge et Martine ; pas possible !… à quelle heure t’es-tu levé ?…  Bon, nous partons tous en convoi en suivant nôtre Bert et sa « 202 », mais il se plante un peu ; nous arrivons quand même devant le barrage de La Laye où se dresse la stèle d’un célèbre ‘pescadou’ inconnu. Pas de pet Bert, « tant qué viro fan dé tours »…   Plus loin nous traversons Mane pour la visite du château de Sauvan.  Cette belle construction jadis entourée de vastes terres fut voulue par la noble famille des Forbin sous Louis le 14ième.  Vouée à la ruine suite aux dégâts de la Révolution, mais peu à peu le vénérable château fut plus tard restauré ainsi que son bassin ; le parc est en attente de fonds.    

Un homme est soi-disant le guide, il maîtrise parfaitement son sujet mais maintient assez bien l’ambiguïté, car en fin de visite nous sommes tous à peu près convaincus qu’il est le descendant, propriétaire et l’acharné sauveteur de ces lieux.   A ses dires, les dépenses sans fin inhérentes à la recherche des meubles d’époque et objets d’origine scrupuleusement restaurés, ont causé le départ de son épouse et ses enfants ; je le questionne en vain ; qu’en est-il vraiment ??…

Le convoi repart sur le parcours prévu, mais je ne verrai pas Banon … Dans une côte « Fordie » tombe en panne, c’est net.  Les hommes des deux « Tractions » et Jo de la « Ford » me poussent vers la descente, rien a faire… En direction du restau de midi, du côté de Reillanne je dois abandonner ma pauvre vieille dans l’herbe du bas-côté de la N100. Michel, Roland, Jo et moi cherchons le défaut tandis que Marcel notre ex-gendarme, l’oeil et le geste pro veille à la sécurité.

Bougies, condensateur, bobine, rupteurs, sont changés en vain …

Puis ma bagnole repart, Thierry va l’essayer et ne revient pas ; rebelote !… Une « Traction » le trouve alors qu’en panne il revient en courant, Michel et moi gardant un chien perdu dont le proprio arrive.

Sous la haute voûte de pierre de l’auberge «La Pastorale », les Maurel n’ont pu apprécier le repas convenablement ; quand la mécanique défaille le cœur n’y est pas … Après le repas les mêmes bénévoles s’acharnent encore, jusqu’à ce que je me résolve à faire appel à un dépanneur.          

C’est Roland et cet homme qui trouvent enfin le défaut : la lame d’acier cassée joignant le rotor au charbon du distributeur ; putain !… tant d’emmerdes pour un rotor merdique à 5 dollars !…

Cette fois c’est gagné, la « Ford » repart, les amis et le camion me suivent jusqu’à Mane où sont réglés les papiers du dépanneur.  En fin d’après-midi nous cravachons la Ford, les deux « Tractions » sur mes talons, faisant ainsi que Jo prend un peu de retard, manque le rond-point vers l’hôtel et continue tout seul vers Forcalquier, paumé… Marie-Thé est dans tous ses états.

Le soleil est bas, le téléphone passe mal, Jo un peu dur d’oreille ; enfin on le joint, il est au barrage de ce matin : «  Ne bouges plus, attends nous là !… ». Guy dans sa « 203 » se dévoue pour retrouver le brave Jo.  Lorsque tous les participants assoiffés sont enfin réunis, Jean- Pierre nous apprend que sa mignonne « Ballila » elle aussi l’a laissé « en carafe » en bord de route, mais la solidarité du CAAV ne se démentant pas, notre Président et son Aline peu après peuvent repartir. Jo et Guy sont de retour sous les applaudissements ; le groupe est encore opérationnel et au complet ; OUF !…

Question : Est-t-on maso ou gaga pour rouler dans une auto des années 30 ??…

Avant le repas du soir je tiens a m’excuser auprès de nos gens, surtout aux épouses des bénévoles pour les heures perdues par leurs époux.  Je tiens donc aussi a payer l’apéritif à tout le groupe, mais  Jean-Pierre consulte le Trésorier et prend sur lui de régler la note sur le compte du club, arguant que notre trésorerie saine peut permettre cette dépense. Amis du Conseil, Merci d’avaliser nos misères… 

Chacun a bien compris que la panne pend au nez de chaque amateur de vieilles mécaniques…Amen…

Pendant le repas je grignote, le dos me fait bien mal.

Malgré ces tracas ce soir MTS a prévu une « Soirée de Gala » ; quelques dames ont fait l’effort de toilette pour se divertir face aux chants et blagues des artistes du club. Auparavant chaque équipage reçoit de Marie-Thé un petit panier de jute contenant deux flacons : un de l’huile l’autre de vinaigre du domaine visité.  J’ai la surprise de recevoir en sus de l’ensemble de nos gens deux flacons d’huile dont l’un aux truffes !… soi-disant en tant qu’ « organisateur » ; mais chers amis, ma bien chère Marie-Thé ; je n’ai rien foutu sinon gêner les autres …

Soirée animée ; j’ai noté Christian et son harmonica et le monologue marrant de son Adrienne, les blagues de Michel, de Guy, les émouvantes chansons de Nicou et Marie-Thé mais aussi le chœur, pas bien harmonieux mais très rigolo des « Demi-Vierges Folles ».

Hôtel « Saint clair », lundi 10 juin 2019 :

Ce matin nous retournons vers le Sud ; après avoir traversé Revest-des-brousses c’est la halte dans St Michel l’Observatoire, un autre joli village surmonté de son château. Cette fois c’est la visite chez une famille de chevriers. Le troupeau est dispersé, mais dans les bâtisses restent encore assez de boucs puants, leï cabro et leurs cabris. Bien sûr une dégustation de divers fromages est proposée à la vente et la plupart des coffres de nos voitures reçoivent les odorants « banons ».

Manosque n’est plus bien loin, c’est en banlieue, non loin de la Durance chantée par Giono que le restaurant « Provence » nous accueille sous un fort soleil. On ne fait pas table longue, malgré le plaisir de cette jolie escapade, chacun n’est pas mécontent de retrouver son chez-soi.

Dans Vinon quelques réservoirs voient leurs niveaux complétés ; passé Ginasservis le convoi se regroupe ; les participants vont partir en diverses directions et c’est le moment des embrassades.

Ollières, St Max., Tourves, la vallée du Gapeau, nos gens se sont dispersés ; nous sommes trois autos allant vers Toulon, la Delahaye, la Fiat et nôtre Ford. Devant son garage Thierry coupe le contact, le compteur marque 430 bornes, des kilomètres de plaisir automobile mêlés de petites anxiétés mais toujours dans une ambiance conviviale et bon enfant ; grand merci mes amis !!…

André MAUREL                

La Seyne sur mer, 15 juin 2019

PS : Suite au bouchon de réservoir perdu en quittant « Carrefour » ; par acquis de conscience mon fils retourna sur les lieux et le retrouva un peu cabossé dans le rond-point suivant !…                            

Merci Serge, j’ai le tien en liège ; il a bien servi et voyagé !…

PS n°2 : Pour taper ce texte j’avais besoin du road-book que je cherche dans la Ford ; rien… Thierry reçoit un appel : « Mr Maurel ?… j’ai en main votre road-book, si vous le voulez rendez-vous à telle heure Porte de Malbousquet ». C’est ainsi qu’un gentil quartier-maître chef sous-marinier te permets de lire un récit pas trop tronqué ; sauf que j’aimerais bien savoir le comment du pourquoi !…  

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